Pathologies

Les cancers de la peau

De quoi s’agit-il?

Les carcinomes cutanés se développent à partir des cellules de la peau. Il s’agit du type le plus fréquent de tous les cancers, mais aussi de l’un des plus faciles à guérir. Ils se présentent sous deux formes différentes:

  • les carcinomes baso-cellulaires qui ont leur origine dans la couche basale de la peau;
  • les carcinomes spino-cellulaires qui débutent dans une couche plus superficielle.

Il existe aussi une autre catégorie nettement moins fréquente mais beaucoup plus agressive de cancers cutanés. Ce sont les mélanomes, qui ont leur point de départ dans les cellules pigmentées.

Facteurs de risque

Une exposition chronique aux rayons ultraviolets (soleil, banc solaire et lampe à bronzer) est la cause principale des carcinomes cutanés. Les personnes à peau claire, sujettes aux coups de soleil, qui travaillent au soleil ou y passent systématiquement leurs loisirs, sont particulièrement à risque. Auparavant, ces cancers étaient extrêmement fréquents chez les hommes âgés qui avaient mené leur vie professionnelle à l’extérieur (marins, agriculteurs, maçons). Actuellement, ils ont tendance à atteindre des adultes de plus en plus jeunes, hommes ou femmes. Les carcinomes cutanés apparaissent surtout sur les parties du corps les plus exposées à longueur de vie: tête, cou, épaules, dos, bras ou mains. Rarement, ils peuvent débuter sur des zones de peau habituellement couvertes par les vêtements. Ils sont parfois précédés par des lésions précancéreuses, appelées kératose actinique. Si ces lésions précancéreuses ne sont pas traitées, elles peuvent se transformer en carcinome cutané. Certaines substances chimiques (arsenic, goudrons), les radiations ionisantes ou les complications de brûlures, de cicatrices et même de tatouages sont autant de facteurs favorisants.

Comment se protéger?

La peau enregistre et accumule les effets de tous les rayons ultraviolets à longueur de vie. La meilleure des protections est de limiter les durées d’exposition dès le plus jeune âge. Le port de vêtements et d’un chapeau (sans oublier les lunettes solaires) pour les activités à l’extérieur est vivement conseillé. L’usage de produits solaires à haut indice de protection est utile, sans permettre pour autant d’augmenter les durées d’exposition. Il faut se méfier particulièrement du milieu de la journée, période pendant laquelle les ultraviolets sont plus intenses. L’usage de bancs solaires et lampes à bronzer est à éviter car les ultraviolets artificiels ne préparent pas la peau à résister mieux au soleil. Au contraire, ils agressent la peau et ajoutent leurs dégâts à ceux du soleil.

Comment les reconnaître?

Un carcinome baso-cellulaire ressemble à un petit bouton luisant qui grossit lentement. Sa couleur peut varier du blanc au rouge, ou même à toutes les gammes de bruns chez les personnes à cheveux foncés. Autre aspect fréquent: une petite blessure indolore qui ne guérit pas, parfois entourée d’un petit bourrelet de chair. Parfois, il prend la forme d’une petite zone blanchâtre, semblable à une cicatrice spontanée, qui s’agrandit progressivement. Un carcinome spino-cellulaire ressemble généralement à une croûte bourgeonnante qui finit par saigner. Il faut demander un avis médical si une lésion de la peau ne guérit pas après un mois. Seul un médecin expérimenté est à même de faire la différence avec les anomalies banales de la peau et de déterminer la conduite à tenir. Le diagnostic sera toujours confirmé par l’analyse microscopique d’un prélèvement du tissu suspect.

Comment évoluent-ils?

Les carcinomes baso-cellulaires ont la particularité de s’étendre de proche en proche, sans envoyer de métastases (colonies de cellules cancéreuses) à distance. Les carcinomes baso-cellulaires non traités peuvent s’ulcérer ou envahir des organes voisins de leur point de départ (nez, pavillon de l’oreille, paupière, oeil). Ceci entraîne alors des pertes de tissus relativement importantes à l’occasion de leur traitement ultérieur. A l’inverse des précédents, les carcinomes spinocellulaires s’accompagnent d’un risque de métastases, surtout dans les ganglions lymphatiques. Par ailleurs, leur développement se fait également de proche en proche.

Traitements

Le choix du traitement dépend du type de cancer, confirmé par analyse au microscope, de sa taille, de son épaisseur, de sa localisation, de l’âge du malade et de son état général. Les petites lésions sont habituellement enlevées par chirurgie sous anesthésie locale. Une marge de peau saine est également retirée par mesure de sécurité. Lorsque la tumeur est plus étendue, l’opération est suivie d’une reconstruction (greffe de peau ou déplacement d’un lambeau cutané). La cryochirurgie (destruction locale par application d’azote liquide) et la radiothérapie (rayons de haute énergie) sont également utilisées, le plus souvent lorsqu’une chirurgie classique est contre indiquée par l’âge ou l’état général du malade. Un traitement par application locale d’une crème est possible face aux carcinomes baso-cellulaires superficiels situés sur le tronc, le cou, les bras ou les jambes. Cette crème contient une substance capable de stimuler les défenses immunitaires qui deviennent alors capables d’éliminer les cellules cancéreuses. En cas de suspicion, consultez votre médecin ou votre pharmacien.

Suivi

Les chances de guérison sont excellentes suite à un traitement approprié. Malgré un risque de récidive très faible, les personnes qui ont eu un carcinome cutané seront suivies à longueur de vie. Avoir développé ce type de tumeur signifie en effet que la peau a été exposée à des quantités totales de rayons ultraviolets qui ont dépassé ses capacités de résistance. D’autres cancers cutanés pourraient donc se déclarer ultérieurement, raison pour laquelle il est utile d’examiner régulièrement ces personnes.